Face au Dragon


Un grand MERCI à PsyKose qui signe la musique et l'interprétation



Face au dragon…

En selle me dit la princesse, la gloire est à nos trousses ;
T’as un sandwich, une Guiness, j’espère qu’t’as pas la frousse !
Le paysage est lunaire, mon armure en fer blanc,
Je m’dirige vers la frontière du royaume des Trois-Glands.
Ma mission est délicate ; on appelle ça une quête…
Je trouve le monstre et j’l’éclate, à coups d’lattes, à coups d’têtes !

Je suis seul, face au dragon dans un monde imaginaire…
J’attaque la bête au Baygon, en récitant mes prières…
L’animal sort de ses gonds : « P’tit bonhomme, tu veux la guerre ?
J’vais t’faire griller les roustons, le fourreau et la rapière !"
Mille excuses monsieur lézard, lui dis-je en mâchant mes mots ;
J’passais par-là par hasard, rengainez vôt’ chalumeau !

Ma princesse est sans le sou, elle compte sur mon épée
Pour lui offrir des dessous chics et dévergondés.
Elle m’a promis son domaine et sa virginité ;
J’suis au moins l’quarante-douzième qu’elle envoie s’faire cramer !
Si j’m’en sort, j’lui fais sa fête, j’me la prends, j’la déflore !
J’la saute à la bonne franquette, trésor ou pas trésor !

Je suis seul, face au dragon, avec ma crème à bronzer…
Et ma valise en’ calton’ qu’est même pas ignifugée !
Ce vieux ramassis d’écailles qui pue d’la gueule et du fion
M’a flingué la côte de maille, roussi les poils des arpions.
J’lui f’rais manger son lance-flammes, rentrer jusqu’au fond d’la gorge
J’lui piqu’rai son or, ses diams, par la volonté d’St George.

Dans c’conte à dormir debout le héros écœuré
Taille la route par les égouts pour pas s’faire dévorer…
Tout cru… enfin, façon d’parler !

lundi 15 février 2010 12:06


Au café des Anges.


 

A U C A F E D E S A N G E S

 

Entre deux matelots, elle fait rouler ses hanches ;

Il reste un chouilla d'eau... et la plage est si blanche.

 

Le sable est-il tenté, par les ébats frivoles

De cette jolie poupée qui tient si bien son rôle...

 

La mer fait des siphons ; quelques vents se disputent

Les drapeaux sur les ponts et les marins hirsutes...

 

Du café des Anges, je vois tout ça...

Rien ne me dérange... J'en demande encore.

Au café des Anges, je reste là...

Craquent les phalanges... O.K. Ça m'démange

 

Happée nue dans la vague... rendue par la suivante...

Ma sirène en zigzague s'tortille effervescente.

 

Elle joue des yeux, du coude... avec ses malabars.

De temps en temps elle boude, et j'les traite de connards...

 

Du café des Anges, je vois tout ça...

Rien ne me dérange... J'en demande encore.

Au café des Anges, je reste là...

Craquent les phalanges... O.K. Ça m'démange

 


(Denaves / Adrugan)

mercredi 31 mars 2010 10:00


Les veuves.


 

Les veuves…

 

Derrière quels murs s’en vont les veuves faire le deuil des amours défuntes ?

Loin du tumulte de nos fleuves bien solitaire est leur complainte.

Combien de larmes sanctifiées sur l’autel noir du temps qui passe

Avant que sainte volonté brise les scellés de l’impasse.

Les veuves… les veuves… sous la coulée du destin…

Les veuves… les veuves… n’ont plus le cœur au festin.

 

Quel est ce ténébreux sentier où l’innocence et la lumière

Ne semblent plus vouloir aller que pour y mordre la poussière.

Les veuves… les veuves… respirent entre chaque geste.

Les veuves… les veuves… ne sont que moitiés qui restent.

 

Combien de cernes identiques soulignant les nuits sans sommeil

Avant que ne renaisse, oblique, un pâle rayon de soleil.

Les veuves… les veuves… penchées sur un vieil album…

Les veuves… les veuves… apprivoisent des fantômes.

 

A quel ailleurs suspendre un rêve ? Les horizons tant se dérobent

Les jours après les jours se lèvent bariolés des tourments de l’aube.

Les veuves… les veuves… nues sous leurs masques de rides…

Les veuves… les veuves… contemplent ce fauteuil vide.

 

Combien de saisons pour comprendre… accepter cette infirmité ?

Ces jours étranges au goût de cendre que rien n’arrive à consumer.

Les veuves… les veuves… depuis longtemps se sont tues…

Les veuves… les veuves… tuent le temps comme il les tues.

 

jeudi 08 avril 2010 12:05


Un coin de paradis.


 

U N  C O I N  D E  P A R A D I S

 

Un coin de ciel bleu taillé pour l'oubli,

Pour y vivre à deux, légers, sans soucis.

Un carré si vert, les arbres s'y penchent,

Les herbes s'y serrent à l'ombre des branches.

Le vent qui frissonne contourne l'endroit;

Il n'y a personne, juste toi et moi.

 

Un petit coin de paradis...

 

Un coin de ciel bleu criblé de lumière;

Quelquefois il pleut, juste un peu pour plaire.

Le soleil s'y plaît tant, il s'y prélasse.

Il n'y a pas de clé, puisque sans menace.

Jardin de silence où les aveux pleuvent,

Où les jours d'enfance se refont peau neuve.

 

Un petit coin de paradis...

 

Un coin de ciel bleu pour l'éternité

Et les moments creux, un coin oublié.

Un bout de lumière au bout des grisailles,

Un temple où l'hiver ne fait pas d'entailles.

Il n'y a pas de murs, de portes à pousser;

Juste cet azur, jamais mutilé.

 

Un petit coin de paradis...

Un petit coin de paradis...

Un petit coin de paradis...

Un petit coin tout comme ici.

jeudi 27 août 2009 11:00


Un si joli chapeau.


 

Un si joli chapeau.

 

Ma famille plantait des courges, elle m'a plutôt réussi,

J'suis palefrenier chez les bourges, la noblesse du pays...


Mon pied-bot, mon bec-de-lièvre, mon aversion pour les livres,

A c't'époque y a pas l'droit d'grève, la révolution arrive.
J'm'achète un joli chapeau et j'monte à la capitale

Voir les têtes tomber de haut dans les paniers, dans les malles.


Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

J'irais dans les tripots, pour y conter fleurette.

Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

J'irais dans les tripots, j'm'en mettrais plein la tête!


1789, rendez-vous à la bastille

C'est pas pour y faire la teuf ni pour épatter les filles.
Ce cher monsieur Guillotin, de mémoire triste inventeur

Coupe en morceaux les putains, les nains, les ducs, les voleurs.


Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

c'est sûr qu'il à pas d'pot, l'gars qui l'à sur la tête

Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

C'est sûr qu'il a pas d'pot... J'crois qu'c'est moi, c'est bien bête!


J'aurais dû croire la princesse qui m'a dit de prendre garde,

Dans un élan de tendresse, j'l'ai prise sur les baricades.

Moi et mon joli chapeau y m'on jeté dans une geôle,

M'ont pris pour un aristo, z'avaient pas du r'garder mes groles.


Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

Ah le vilain complot, les pas beaux malhonêtes.

Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

Ah le vilain complot... On est tous des marionettes!


J'ai vu dans les yeux la haine qui émanait des manants,

Agglutinés par centaines y z'avaient encore envie d'sang.

Demain ça vas être ma fête, pour le moment j'prends du r'pos

En picorant quelques miettes et en mangeant des bouts d'chapeau!


Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

Demain sur l'échafaud, la tête dans la lunette.

Ho, ho, ho, un si joli chapeau,

Demain sur l'échafaud... ils vont m'couper la tête!

mardi 05 mai 2009 21:56


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